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>> 2006 ou l’année de la déréglementation du marché du travail !

Hier le Contrat Nouvelle Embauche (CNE), aujourd'hui le Contrat Première Embauche (CPE), demain la fin du Contrat à Durée Indéterminé (CDI). Le gouvernement a fait le choix de la déréglementation généralisée du marché du travail, d'abord pour les moins de 26 ans puis à terme pour l'ensemble des salariés. Plus de précarité, plus de flexibilité voilà qu'elles sont les réponses à une croissance atone et à un chômage endémique. Tous les indicateurs sont au rouge. La consommation des ménages s'essouffle, la balance commerciale est déficitaire… et si le nombre de demandeurs d'emplois baisse c'est sous l'effet conjugué des départs a la retraite, des radiations sur les listes de l'ANPE, de la création des emplois aidés.

Désormais, les employeurs seront en mesure de rompre à tout moment le contrat pendant les 2 années de période d'assai et ce à la différence du contrat à durée déterminée. Ils vont également bénéficier toujours pour les moins de 26, d'une exonération complète des charges sociales sans contrepartie. Ces mesures ont un coût, pris en charge par le budget de l'Etat, car il va bien falloir compenser le manque à gagner pour les régimes sociaux. C'est donc par l'impôt qu'elles ont être financées au moment même ou la réforme fiscale initiée par le gouvernement de Villepin va entrer en vigueur avec des recettes en moins au profit pour l'essentiel, des ménages les plus aisés. Est-ce bien raisonnable et juste, alors que le ministre de l'économie avec toute la suffisance qu'on lui connait, brandit l'état de la dette de la France ? Est-ce acceptable de multiplier les contrôles des bénéficiaires d'aides, d'allocations et dans le même temps de donner un tel coup de pouce aux entreprises sans condition, ni possibilité de vérification?

Le gouvernement s'ingénie depuis le début du septennat à créer la confusion en empruntant des thèmes développés par la gauche pour mieux les dénaturer ensuite. Il crée à dessein un climat de peur susceptible de provoquer une demande d'ordre. Il pratique l'art de la stigmatisation, du bouc émissaire pour mieux cacher l'urgence des réponses collectives tout en multipliant les cadeaux fiscaux auprès de sa clientèle traditionnelle. La perte de confiance est préjudiciable à toute reprise de l'activité économique ainsi que l'absence de débouchés pour les jeunes, les populations les plus défavorisés ou encore le sentiment d'injustice et ce ne sont pas les mesures sur l'emploi présentées par le gouvernement, sans concertation avec les partenaires sociaux , qui vont contribuer à sortir notre pays de l'impasse économique, sociale et politique dans laquelle il se trouve aujourd'hui.

Le parti socialiste demande au gouvernement de renoncer à ces projets. Il met en garde le Premier Ministre contre sa volonté d'étendre le dispositif CNE à l'ensemble des salariés. Il soutient toutes les initiatives syndicales permettant de mettre en échec cette politique, de défendre l'emploi et les salaires.

Jean André Lasserre
Secétaire du Parti Socialiste
de la Section de Courbevoie