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>> Un nouvel ordre public international

Le 21 août 2006

La canicule au mois de juillet, la guerre que mène Israël au Liban, le renchérissement du coût du pétrole, les projets d'attentats à Londres visant des avions à destination des Etats-Unis tous ces évènements qui ont ponctué l'été, soulignent les limites d'une vision trop hexagonale des problèmes politiques et l'urgence d'une appropriation des questions internationales par l'ensemble des citoyens. Le monde dans lequel nous vivons connaît en effet de profondes transformations. Elles nous obligent à repenser notre politique étrangère, l'organisation des relations entre les pays et la façon avec laquelle la communauté internationale traite les questions d'ordre planétaire. C'est tout le parti pris du projet pour la France adopté par les militants du parti socialiste en juin, que d'inscrire au cœur des perspectives d'actions pour les dix prochaines années, la construction d'un ordre publique international et d'un projet européen autour des valeurs de justice, de solidarité et de paix. Une telle ambition pourrait relever de la seule déclaration d'intention si elle n'était pas accompagnée d'objectifs précis. A défaut, c'est prendre le risque de pratiquer une politique étrangère confuse et de voir se poursuivre la perte d'influence de notre pays dans le monde.

Pour le parti socialiste, l'Union Européenne demeure l'un des outils majeurs permettant de maîtriser notre avenir mais une mondialisation régulée suppose également une réforme ou un enrichissement des institutions internationales existantes. Elles sont de plus en plus traversées par des exigences contradictoires liées à l'émergence de nouvelles grandes puissances politiques et économiques, aux contradictions de l' hyper puissance américaine, à l'incapacité de l'Europe à suffisamment s'entendre pour pouvoir peser sur le cours des évènements. Elles nous paraissent très lointaines, peu efficaces en période de crise et pourtant sans elles nous vivrions dans un monde livré a lui-même, celui de la loi du plus fort, du court terme au détriment des générations à venir. Ainsi, le projet que nous proposons comporte la mise en place d'un Conseil Mondial du Développement Durable au sein de l'ONU qui coordonnerait l'action des institutions internationales au service du développement. Il prévoit de créer une Organisation Mondiale de l'Environnement chargée de mettre en œuvre le protocole de Kyoto et de protéger la biodiversité. Il privilégie le renforcement des pouvoirs de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et des normes sociales qu'elle définit sur les libertés syndicales, le travail des enfants... Il vise enfin à rendre l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) plus transparente, plus démocratique et plus soumise au respect des règles sociales et environnementales… A bien des égards notre projet trace un chemin pour l'avenir dans lequel figurent des réponses aux urgences sociales mais également aux exigences d'un nouveau modèle de développement « solidaire », d'une relance de la construction européenne et d'un nouvel ordre international.

Jean André Lasserre
Secétaire du Parti Socialiste
de la Section de Courbevoie